LA LUTTE ANTI CORRUPTION EN CHINE

13 août 15
La lutte anti corruption, et son effet sur le marché du luxe, est un sujet qui a été abordé à de nombreuses reprises lors du voyage d’études à Hong Kong et Shanghai.

Depuis le lancement d'une campagne anti corruption par le président chinois Xi Jinping, élu en mars 2013, les produits de luxe sont montrés du doigt en Chine. Cette campagne s’en prend « aux mouches comme aux tigres » pour reprendre l’expression utilisée par le numéro un du Parti Communiste, désignant les « petits » et les « grands » cadres ou fonctionnaires se faisant offrir des cadeaux en échange d'un traitement de faveur ou de l'octroi de contrats publics. 

Ces cadeaux, fonction de la faveur rendue, pouvaient être des montres de luxe, du cognac très haut de gamme, des accessoires, et autres produits de luxe. Désormais, les représentants de l'Etat hésitent à porter des produits siglés en public, de peur de se faire accuser de corruption.

La lutte anti corruption a des impacts très importants sur les ventes de produits de luxe, en Chine, comme à l’International, et notamment sur le secteur de l’horlogerie. En effet, ce secteur connait une forte diminution de ses ventes, mais également un changement de comportement de consommation de la clientèle chinoise, qui achète moins les pièces voyantes et siglées, mais dorénavant plutôt des pièces dicrètes.

Ce ralentissement n’a fait qu’augmenter avec le scandale qu’il y a eu sur Weibo (le twitter chinois). En effet, un blogueur chinois passionné par les montres de luxe a enquêté sur ce que les cadres du Parti communiste portaient à leurs poignets: Piaget, Rolex, Patek Pilippe... Le blogueur, sous le pseudonyme de Daniel Wu, est à l’origine d’un scandale qu’il a suscité via son compte Weibo : il a publié sur sa page des photos de plusieurs fonctionnaires du Parti, avec des zooms sur les montres qu’ils portaient à leurs poignets. Très rapidement, ces images ont suscité une réaction des internautes, si bien que les pages web ont rapidement été censurées. 

Depuis le lancement de la campagne anti corruption et les scandales qui s’en sont suivis sur les réseaux sociaux chinois, de nombreux membres du parti communiste et personnages public ont été emprisonnés, résultant alors une diminution des ventes dans le secteur du luxe, en Chine et à l’International.

 

Sarah Deghou